Explication de mes poèmes

Mes poèmes montrent des recherches de sens qui aboutissent simplement à un "moment antérieur". De cette façon, ils disent, à leur manière, que les valeurs sont à exhumer plus qu'à construire, et par là, se trouvent assez réactionnaires ; car ce qui demeure c'est la violence de l'impact résultant de leur absence, ou de leur quête. C'est la raison pour laquelle ces poèmes touchent et ne laissent pas indifférent la personne les lisant. Le style que j'utilise doit justement produire cet effet.

Ces poèmes sont donc, en fait, le lieu et le moyen d'une initiation paradoxale, l'initiation au manque, qui, on le sait depuis Lacan est articulé au désir (attention nous sommes à la limite de la philosophie de Sade ; limite avec laquelle j'ai aussi joué). Ce désir est, on ne l'ignore pas, monstrueux car il ne fait que nous hanter, nous posséder sans jamais se dévoiler si nous poussons l'idée du manque jusqu'à son paroxysme. Le désir est tel qu'il en devient souffrance, on glisse du romantisme au romantisme noir appelé gothique. La frontière entre les deux est mince et je joue avec elle au travers de ces quelques poèmes.

Pour information, tous mes poèmes sont protégés par copyright...

# Posted on Thursday, 08 January 2009 at 6:21 AM

Les glaces de l'éternité


Prisonnier des glaces de ton amour
Abandonné de ton regard de jour en jour
Je glisse aujourd'hui sur un mode passé
Un voile blanc en linceul enneigé.

Changé en vulgaire clepsydre
Je demeure claustré aux portes du silence
L'attente d'une résignation, d'une délivrance,
Un regard de ton être devenu cette hydre.

L'absence du devenir
Comme négation de soi,
Enfermé dans les geôles du temps,
L'errance d'un avenir
Comme une excision de toi
Ou le triste passé des amants.

Au point d'orgue de la fascination
Les danses lutines de tes doigts
Devenaient le chant liquide de ma félicité ;
Mais aujourd'hui le temps devenu dérision,
Uni aux frissons délicieux de l'adieu de soi,
Immortalise dans les glaces mon éternité.

# Posted on Sunday, 04 January 2009 at 4:30 AM

Joyeux Noël


De l'amitié en sachet blanc
Et de la poudre aux yeux,
Joyeux Noël et profites-en
Pour t'envoyer aux cieux !


De l'amour en plastique gluant,
Une simulation de plaisirs défendus,
Des fruits consommés rapidement,
Mais qu'importe c'est un "amour" de plus...

De l'amitié en sachet blanc
Et de la poudre aux yeux,
Joyeux Noël et profites-en
Pour t'envoyer aux cieux !


De la nourriture en veux-tu en voilà
Une fois de plus, uniquement pour les riches...
Des vomissures de caviar pour toi
Qui déambule dans les rues, un peu chiche.
Tiens, lape, régale-toi !
Et 2009, comment ce sera ?
Surement à faire les poubelles.
Mais je te souhaite un Joyeux Noël !

De l'amitié en sachet blanc
Et de la poudre aux yeux,
Joyeux Noël et profites-en
Pour t'envoyer aux cieux !

# Posted on Tuesday, 23 December 2008 at 12:26 PM

Lugubres Mélopées


Venez à moi lugubres mélopées,
Terrestre symphonie
A la douce agonie
Luxuriante et ciselée.

N'est-il point un fardeau
Que cette solitude,
L'attente d'un jamais... ?

Juste mourir dans un landau,
Loin de ce carcan de lassitude
Qui n'a de cesse que de dévorer... ?

Donnez à cette âme errante
Une froide aura de deuil
Epié par la Lune seule résidante
Blanchâtre du mystère et de cette nuit l'½il ;

Erotisme orbitaire
Assoiffé d'infini,
Esotérisme séculaire
Aux affres indéfinies.

Je veux être l'élu
Qui jouira du plaisir
De se faire dévorer
Par la belle nocturne.
Je veux demeurer reclus
Dans les geôles de ton désir,
Goutter à ton corps jusqu'à m'enivrer
Des élixirs s'écoulant de ta lune.

# Posted on Thursday, 04 December 2008 at 3:30 AM

Faisons la mort !


Dans mes draps de chrysanthèmes
Tu te glisses. Faisons la mort
Une dernière fois ; faisons s'unir nos corps
Sur un accord mineur, à l'aube du requiem.

Aux sons de tes vas et viens, nos souffles
S'unissent et d'une mort qui condamne
Je libère notre âme dans ce puits d'innocence.
A cette vie qui s'essouffle,
J'unis nos mains ; que s'éteigne la flamme !
Faisons la mort pour une dernière jouissance !

Faisons la mort dans ces fleuris décors ;
Tes larmes sur le marbre s'écoulent
Et dérivent le long de mon corps.
Tout se flétrit, tout se fane
Alors, avant qu'il en soit de même pour nos corps,
Faisons, oui, faisons la mort.

# Posted on Friday, 28 November 2008 at 6:36 AM